Réglementation sur la vidéosurveillance en entreprise : ce qu'il faut savoir en 2025

Installer des caméras sans respecter le cadre légal expose l'entreprise à des sanctions. Voici les obligations de déclaration, d'affichage et de conservation des données en vigueur.

La multiplication des systèmes de vidéosurveillance en entreprise soulève des questions juridiques importantes. Si le cadre légal existe pour protéger la vie privée et sécuriser les locaux, il reste souvent méconnu des employeurs. Les conséquences d'une installation non conforme peuvent aller de la mise en demeure à des sanctions pécuniaires, voire à des litiges avec des employés ou des clients.

Les réglementations sur la protection des données personnelles encadrent la collecte et le traitement des images vidéo issues de la vidéosurveillance. Ces textes posent les bases d'une utilisation licite de ces dispositifs en milieu professionnel, sous la supervision des autorités nationales de contrôle de la protection des données.

Obligations de l'employeur

  • Information préalable des employés : les caméras ne peuvent pas être cachées. Les salariés doivent être informés de l'existence du système, de sa finalité, des zones surveillées et de la durée de conservation des images.
  • Consultation des représentants du personnel (délégués du personnel) avant toute installation.
  • Affichage obligatoire : des panneaux visibles doivent signaler la présence de caméras aux entrées et dans les zones surveillées.
  • Déclaration à l'ANTIC pour les systèmes de traitement automatisé de données à caractère personnel.
  • Absence de surveillance des zones de repos, vestiaires et espaces de prière.
⚠️L'enregistrement audio simultané à la vidéo est soumis à des restrictions supplémentaires. Assurez-vous que vos caméras n'enregistrent pas le son sans autorisation explicite.

Droits des personnes filmées

Toute personne filmée dispose d'un droit d'accès aux images la concernant et peut en demander la suppression si elles ont été collectées illégalement. Les clients d'un établissement doivent être informés par une signalétique claire. Les images ne peuvent être utilisées à d'autres fins que la sécurité (pas de contrôle du comportement des employés à des fins disciplinaires sans accord préalable).

Conservation et sécurisation des données vidéo

La durée de conservation des images doit être proportionnée à la finalité du traitement. La pratique courante est de 15 à 30 jours pour un usage de sécurité standard. Au-delà, les données doivent être supprimées sauf en cas d'incident justifiant leur conservation pour une enquête. Les enregistreurs (NVR/DVR) doivent être sécurisés physiquement (salle verrouillée) et logiquement (mots de passe robustes, cryptage).

Bonnes pratiques pour la conformité

  1. Rédiger une charte de vidéosurveillance interne définissant les objectifs, les zones, les accès et les durées de conservation.
  2. Nommer un responsable des images (généralement le DSI ou le DRH) avec des droits d'accès nominatifs.
  3. Réaliser un audit de conformité annuel avec votre prestataire technique.
  4. Mettre à jour la signalétique après chaque modification du système.
  5. Documenter toutes les consultations d'images dans un registre (qui, quand, pourquoi).
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