La décision "cloud vs on-premise" est l'une des plus strategic pour une DSI. Si l'élasticité et la résilience du cloud sont incontestables, l'équation est parfois plus complexe pour certaines entreprises. La qualité et le coût de la bande passante Internet, la latence vers les régions cloud distantes, et les enjeux de souveraineté des données changent fondamentalement le calcul.
Les spécificités de la connectivité et de la latence
Selon les infrastructures locales, la bande passante externe peut s'avérer coûteuse et la latence vers des serveurs hébergés à l'étranger peut atteindre 150 à 250 ms. Pour les applications transactionnelles gourmandes en échanges (ERP, points de vente, bases de données), cette latence se traduit par une dégradation perceptible des performances et une frustration des utilisateurs.
S'ajoute à cela la question de la souveraineté des données : plusieurs réglementations nationales ou sectorielles imposent que les données critiques et financières soient hébergées de manière sécurisée et locale. Les contrats de services cloud tiers peuvent parfois inclure des clauses d'accès par les autorités du pays d'hébergement, posant des questions de confidentialité.
On-premise vs cloud : le comparatif exhaustif
| Critère | On-premise | Cloud (serveurs distants) | Cloud (serveurs locaux) |
|---|---|---|---|
| Latence applicative | Très faible (< 2 ms) | Élevée (150-250 ms) | Modérée (30-80 ms) |
| Coût mensuel bande passante | Nul (LAN) | Élevé (trafic standard) | Moyen |
| Investissement initial | Élevé (CAPEX) | Nul | Nul |
| Disponibilité en cas de coupure internet | Total | Zéro | Zéro |
| Scalabilité | Limitée (hardware) | Illimitée | Illimitée |
| Souveraineté des données | Totale | Partielle | Bonne |
| Compétences requises | Élevées (infra) | Faibles (managed) | Faibles |
Les coûts réels du cloud
Un serveur cloud standard facturé à distance peut sembler peu coûteux au départ. Cependant, le coût réel pour une entreprise inclut le transfert de données sortant (prohibitif pour des sauvegardes volumineuses), la bande passante requise pour un accès fluide, et la vulnérabilité face aux pannes d'internet : si votre liaison tombe, l'accès à vos outils de gestion est immédiatement coupé.
Coûts d'un micro-datacenter on-premise professionnel
| Composante | Description | Fourchette (FCFA) |
|---|---|---|
| Serveurs | 2 serveurs Dell/HPE en cluster HA | 5 000 000 - 15 000 000 |
| Stockage NAS | NAS Synology ou QNAP, 50-200 To | 2 000 000 - 8 000 000 |
| Réseau | Switch core, firewall, load balancer | 1 500 000 - 4 000 000 |
| Alimentation | UPS 10 kVA + groupe électrogène | 3 000 000 - 8 000 000 |
| Climatisation | Climatisation de précision | 2 000 000 - 5 000 000 |
| Sécurité physique | Contrôle accès, caméras, baies fermées | 1 000 000 - 3 000 000 |
| Total estimatif | Infrastructure complète 10-40 kW | 14 500 000 - 43 000 000 |
Le modèle hybride : le meilleur des deux mondes
L'architecture hybride répond aux contraintes locales de manière pragmatique : les applications critiques (ERP, POS, bases de données transactionnelles) restent on-premise pour la performance et la continuité de service ; les applications non critiques (sauvegarde, collaboration, email) migrent vers le cloud. Les données critiques sont répliquées vers le cloud comme plan de reprise d'activité (PRA/PCA).
Recommandations par taille d'entreprise
- TPE (moins de 10 salariés) : cloud pur, SaaS (Google Workspace, Office 365), pas d'infrastructure à gérer.
- PME (10 à 100 salariés) : architecture hybride avec micro-serveur local pour les applications métier critiques et cloud pour la collaboration.
- ETI / Grande entreprise (100+ salariés) : datacenter on-premise avec redondance, complété par un cloud local (partenaires cloud, fournisseurs cloud) pour le PRA.
- Multi-sites géographiques : SD-WAN sur les liaisons intersites, cloud local comme hub central avec réplication vers chaque site.


